Réunis en Angola pour la 4ᵉ Biennale de Luanda, plus de 1 000 experts et dirigeants mondiaux ont planché sur la gouvernance de l’eau comme levier de paix. Au cœur des débats, la Ministre ivoirienne Euphrasie Kouassi Yao a marqué les esprits en démontrant, exemples concrets à l’appui, que l’intégration des femmes dans la gestion des ressources hydrauliques constitue l’un des remèdes les plus efficaces pour désamorcer les conflits communautaires et consolider la cohésion sociale sur le continent.
La gestion de l’eau en Afrique ne peut plus se passer des femmes. C’est le message fort porté par la Ministre Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère Spéciale du Premier Ministre chargée du Genre et Titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), lors de la 4ᵉ Biennale de Luanda qui s’est tenue les 22 et 23 octobre 2026. Ce forum panafricain, co-organisé par l’Union africaine, l’UNESCO et le gouvernement angolais, s’est donné pour mission d’explorer des solutions concrètes pour « faire taire les armes d’ici 2030 », en mettant cette année l’accent sur la sécurité hydrique.
Devant un parterre de chefs d’État et de diplomates, parmi lesquels le Président angolais João Lourenço et le Président congolais Félix Tshisekedi, la représentante ivoirienne a captivé l’auditoire par une approche saluée pour sa clarté et sa profondeur. Pour illustrer son propos, elle a partagé l’histoire de Diatokro, un village de la sous-préfecture d’Aboisso. Autrefois exclues de la gestion de la pompe hydraulique locale, les femmes ont finalement pris les rênes d’un comité paritaire soutenu par le PNUD. Résultat : une maintenance impeccable, zéro coupure d’eau depuis 23 ans et une dynamique économique locale profondément transformée.
Cette réussite locale est devenue le socle d’une stratégie nationale ambitieuse. La Ministre a mis en avant les outils qui font aujourd’hui de la Côte d’Ivoire le champion africain de la lutte contre les discriminations basées sur le genre, selon le rapport mondial SIGI 2023 de l’OCDE. Parmi eux, la méthode COFA (Conscientiser, Former, Agir) et le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), un programme présidentiel lancé en 2011 par le Président Alassane Ouattara pour valoriser l’expertise des femmes, y compris au sein de la diaspora.
Pour la Titulaire de la Chaire UNESCO, la paix n’est pas un concept théorique, mais une construction quotidienne. Elle a ainsi présenté le programme CREA-PAIX, un réseau de prévention communautaire des conflits qui mobilise déjà plus de 3 000 bénévoles à travers 27 pays.
Les travaux de la Biennale se sont conclus par l’adoption de la Déclaration de Luanda 2026, qui appelle notamment à renforcer le leadership des femmes et des jeunes dans les instances de décision sur l’eau. Un plaidoyer qu’Euphrasie Kouassi Yao a directement réitéré lors d’une audience avec le Directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, afin que l’expertise ivoirienne profite à l’ensemble du continent. Cette offensive diplomatique marque le prélude des vingt ans de la Chaire UNESCO, qui seront célébrés à Abidjan en octobre 2027 lors d’un colloque international majeur sur le pouvoir de décision des femmes en Afrique.
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